Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°962 (2025-09)

mardi 4 mars 2025

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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JS BACH - Partita n° 2 - Gigue

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Foulque macroule, Cygne tuberculé et Canard colvert

La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), Etang
début février 2025



Foulque macroule, sur la glace
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025



Foulque macroule, sur la glace
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025

Foulque macroule, dans l'eau
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025

Foulque macroule, face à face
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025

Foulque macroule : portrait
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025



Foulque macroule, en plongée
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025




Cygne tuberculé à sa toilette
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025


Couple de Cygne tuberculé
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025



Canard colvert mâle
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025



Toilette
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 8 février 2025



Roseaux

La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 15 février 2025



Roseaux
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 15 février 2025

Foulque macroule, individu avec une marque blanche sur la tête
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 15 février 2025



Canard colver femelle
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 15 février 2025



Foulque se grattant
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 15 février 2025



Canard colvert femelle au repos
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
samedi 15 février 2025



Foulque macroule
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
dimanche 16 février 2025



Foulque macroule
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
dimanche 16 février 2025



Roseaux
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
dimanche 16 février 2025












Canard colvert mâle
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
dimanche 16 février 2025

















Couple
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
dimanche 16 février 2025














Toilette
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
dimanche 16 février 2025












Cygne tuberculé
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
dimanche 16 février 2025


 


Suggestion de lecture :

"Chapitre un

I Juillet 2006


La rue des Deux-Ponts traverse l’île Saint-Louis du nord au sud, entre le pont Marie et le pont de la Tournelle. Enzo avait été surpris que Kirsty puisse s’offrir un appartement en plein cœur de Paris, dans ce quartier où le mètre carré atteint souvent vingt mille euros. Mais, d’après Simon, elle vivait sous les toits, dans un tout petit studio dont son employeur payait le loyer. La veille, affalé dans son fauteuil, devant la fenêtre ouverte sur la nuit étouffante, tout en contemplant le plafond et en faisant glisser un bottleneck métallique sur les cordes de sa guitare qui gémissaient doucement, il s’était demandé s’il n’avait pas tort de chercher à la voir. Puis il s’était dit que, de toute façon, il devait aller à Paris – à cause d’un pari stupide. Quelque part au milieu du dédale de rues étroites du vieux Cahors, une horloge avait sonné 2 heures.

  • Papa ?

À la vue de Sophie, en chemise de nuit sur le seuil de la porte, il s’était brusquement senti ému par l’intensité de son amour pour sa fille ; des larmes lui étaient montées aux yeux.

  • Tu ne dors pas, Sophie ?

  • Va te coucher, papa. Il est tard.

Elle parlait toujours anglais lorsqu’ils étaient seuls. Avec un drôle d’accent écossais incongru qu’il ne pouvait s’empêcher d’associer au parfum du whisky. Elle était venue s’asseoir sur le bras du fauteuil.

  • Si tu m’accompagnais à Paris ?

  • Pour quoi faire ?

  • Voir ta sœur.

  • Je n’ai pas de sœur.

Elle avait dit ça sans rancœur. C’était juste un état de fait.

  • Kirsty est ma fille, Sophie.

  • Je la déteste.

  • Comment peux-tu la détester ? Tu ne l’as jamais vue.

  • Parce qu’elle te déteste. Comment aimer quelqu’un qui te déteste ?

Elle avait soulevé la guitare pour la caler contre la fenêtre, puis s’était blottie contre son père, la tête sur sa poitrine.


Il n’eut aucun mal à trouver l’immeuble – numéro 19 bis, à côté d’un marchand de légumes – mais il y avait un code. Il aurait pu sonner chez la concierge ; pour lui dire quoi ? Que sa fille habitait au dernier étage ? Et en admettant qu’elle le laisse monter, que lui raconterait-il ensuite, si Kirsty lui claquait la porte au nez ? Il décida de déjeuner à L’Îlot vache, le bistrot du coin. Assis près d’une fenêtre, il regarda passer les gens jusqu’à ce que le restaurant se vide et que le garçon commence à rôder dans la salle d’un air impatient. Il régla l’addition, il traversa la rue et entra au Louis XI, où il resta deux bonnes heures devant un verre de bière. Le soleil descendait dans le ciel. Les touristes défilaient toujours, transpirant dans la chaleur du mois de juillet et les gaz d’échappement des voitures, des bus et des taxis.

Enfin, il la vit. Malgré toutes ces heures d’attente, il eut l’impression de recevoir un coup de poing dans l’estomac. Cela faisait douze ans qu’il n’avait pas posé les yeux sur sa fille. À l’époque, elle n’était encore qu’une adolescente de quinze ans, froide, distante, hostile. Il la regarda traverser la rue des Deux-Ponts, les mains chargées de sacs en plastique roses bourrés de provisions. Elle portait un jean taille basse et un court tee-shirt blanc sans manches exposant son ventre au monde entier. Très peu de filles possédaient une silhouette capable de supporter cette mode. Kirsty était de celles-là, avec ses épaules carrées et ses interminables jambes fines. Ses cheveux longs, comme ceux de son père, flottaient librement sur ses épaules.

Enzo laissa tomber quelques pièces sur la table, se précipita dehors, et la rattrapa devant l’immeuble, où elle se débattait avec ses sacs pour composer le code.

  • Laisse-moi t’aider, dit-il comme elle poussait la porte avec le pied.

Surprise, la jeune femme se retourna. Il lui fallut quelques secondes pour replacer dans leur contexte l’accent écossais inattendu et l’air vaguement familier de cet homme étrange. Entre-temps, Enzo s’était emparé des sacs et maintenait la porte ouverte. Rouge de confusion, Kirsty entra dans le hall. Ce laps de quelques secondes suffit à raviver sa colère.

  • Qu’est-ce que tu veux ? siffla-t-elle à voix basse comme si elle avait peur qu’on les entende.

Il la suivit dans la petite cour pavée agrémentée de plantes et d’arbres en pots. La loge de la gardienne se trouvait au pied d’un superbe escalier en bois.

  • Simplement te parler, Kirsty. Passer un peu de temps avec toi.

  • Marrant… Tu n’étais jamais là quand moi j’avais envie de passer un peu de temps avec toi. Tu étais trop pris par ta nouvelle famille.

  • Ce n’est pas vrai, Kirsty. Je t’aurais consacré tout le temps du monde si tu m’en avais donné la possibilité.

  • Oh, mais bien sûr ! s’écria-t-elle, le visage blême. C’est ma faute. J’aurais dû le comprendre. C’est ma faute si tu nous as quittées. C’est ma faute si tu as choisi d’aller vivre en France avec une autre femme et fonder une autre famille. Pourquoi n’ai-je rien compris ? Quand je pense à toutes ces nuits où j’entendais maman pleurer dans la chambre voisine. Dire que je n’ai pas compris que c’était ma faute. Tous ces anniversaires, tous ces Noëls sans toi. Tous ces moments de la vie où une fille a besoin que son père l’admire, soit fier d’elle. Pourquoi n’ai-je donc pas compris que c’était ma faute ? Après tout, tu avais toujours une super raison d’être ailleurs, non ?

Son émotion l’empêcha de continuer. L’intensité de son regard gênait Enzo. C’était la première fois qu’il prenait la mesure de sa colère. Il en était bouleversé.

  • Donne-moi ça !

Elle voulut arracher les sacs qu’il tenait, mais il résista.

  • Je t’en prie, Kirsty. Je n’ai pas passé un seul jour de ma vie sans penser à toi, au mal que je t’ai fait. Tu ne te rends pas compte à quel point il est difficile d’essayer d’expliquer ces choses-là à une enfant. Mais je suis toujours ton père, je t’aime toujours. Tout ce que je veux, c’est te parler. Te raconter ce qui s’est passé. Ce qui s’est réellement passé. Elle le dévisagea un moment en silence, sa colère se muant en mépris.

  • Je n’ai pas de père. Mon père est mort il y a longtemps.

Elle baissa les yeux sur les sacs en plastique.

  • Tu vas te décider à me les donner, oui ou non ? Oh, et puis, merde, garde-les ! s’écria-t-elle en s’élançant dans l’escalier.

Il se retrouva seul au milieu de la cour, stupide, désespéré. Au bout d’un long moment, il posa doucement les provisions sur la première marche. Puis il fit demi-tour et sortit de l’immeuble..."


Peter MAY - Le mort aux quatre tombeaux


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