Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°961 (2025-08)

mardi 24 février 2025

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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Joseph HAYDN - Symphonie n° 101 - l'Horloge

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Etourneau sansonnet
(cinquième partie)

Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
fin janvier 2025



Etourneau sansonnet
(fermant la membrane nictitante...)

Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 18 janvier 2025

<image recadrée>



<image recadrée>

Etourneau sansonnet  et givre
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 18 janvier 2025





Etourneau sansonnet
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 18 janvier 2025

Etourneau sansonnet
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 19 janvier 2025

Etourneau sansonnet
(entre ombre et lumière)

Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 19 janvier 2025

<image recadrée>



<image recadrée>

<image recadrée>




Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 19 janvier 2025



Etourneau sansonnet les pattes dans l'eau !
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 19 janvier 2025



<image recadrée>



<image recadrée>



Etourneau sansonnet ébouriffé !
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 19 janvier 2025



<image recadrée>



Etourneau sansonnet et son ombre
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
vendredi 24 janvier 2025

Etourneau sansonnet sur un fil barbelé
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
vendredi 24 janvier 2025




Etourneau sansonnet
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 25 janvier 2025



Etourneau sansonnet fâché !
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 25 janvier 2025



Etourneau sansonnet nettoyant son bec
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 25 janvier 2025







Etourneau sansonnet se grattant
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 25 janvier 2025











Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 25 janvier 2025











Etourneau sansonnet : avez-vous remarqué ?... son bec jaunit... le printemps approche !
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 25 janvier 2025

[à suivre...]

 


Suggestion de lecture :

"6 juillet 1938.


Oh! je vous entends ! En recevant cette lettre, vous allez regarder l’écriture et, quand vous reconnaîtrez la mienne vous allez dire : « Qu’est-ce qui lui prend de nous écrire ? Il sait pourtant où nous trouver. Voilà l’époque de la moisson, nous ne pouvons être qu’à deux endroits: ou aux champs ou à l’aire. Il n’avait qu’à venir. À moins qu’il soit malade – ouvre donc – à moins qu’il soit fâché ? Ou bien, est-ce qu’on lui aurait fait quelque chose ? »

Le problème paysan est universel.

Qu’est-ce que vous voulez m’avoir fait ? Vous savez bien que nous ne pouvons pas nous fâcher, nous autres. Non, si je vous écris, c’est que c’est raisonnable. J’ai à vous dire des choses très importantes, alors j’aime mieux que ce soit écrit, n’est-ce pas ? Vous voyez que je me souviens de vos leçons  ! Non, en vérité, s’il y a un peu de ça, il y a surtout beaucoup d’autres choses ; souvent nous nous sommes dit, vous et moi, après certaines de nos parlotes : « eh! bien voilà, mais c’est aux autres qu’il faudrait dire tout ce que nous venons de dire. » Certes oui. Nous sommes sur le devant d’une ferme, dans le département des Basses-Alpes, nous sommes là une vingtaine, et ce que nous avons dit là, entre tous, ça ne nous a pas paru tellement bête. Nous ne nous sommes peut-être pas servis d’une intelligence très renseignée, mais, précisément, sans embarras d’aucune sorte, nous avons tout simplement parlé avec bon sens. Chaque fois, dites si ce n’est pas vrai, pendant le quart d’heure d’après, ça a été rudement bon de fumer la pipe. Mais tout de suite après on a pensé aux autres – demain soir je serai peut-être avec ceux de Pigette ou avec ceux de la Commanderie, mais la question n’est pas là, on ne parlera pas exactement des mêmes choses, pendant que vous ici vous aurez déjà réfléchi différentement – et dès qu’on pense aux autres tout se remet en mauvaise place. Cette lettre que je vous écris, je vous l’envoie, mais, puisqu’elle est écrite, je vais pouvoir en même temps l’envoyer aux autres. Il y a tous ceux qui parlent de vous sans vous connaître, tous ceux qui vous commandent sans vous connaître, tous ceux qui font sur vous des projets politiques sans vous connaître ; ceux qui disposent de vous – sans demander votre avis – et, il y a d’un autre côté les paysans allemands, italiens, russes, américains, anglais, suédois, danois, hollandais, espagnols, enfin tous les paysans du monde entier qui sont tous dans votre situation, à peu de choses près. Vous voyez, j’ai envie que ça aille loin. Pourquoi pas ? Les paysans étrangers ont certainement dans leurs pays respectifs des problèmes particuliers à résoudre en face desquels ils sont plus habiles que nous, mais mettez-leur entre les mains une charrue et de la graine : ce qui pousse derrière eux est pareil à ce qui pousse derrière vous. Nous n’allons pas les embêter en nous faisant plus forts qu’eux sur des problèmes qui, pour quelque temps encore, s’appellent nationaux ; nous allons leur parler de choses humaines valables pour tous, et vous verrez, ce qui poussera derrière eux sera pareil à ce qui poussera derrière nous. Je me suis entendu avec quelques-uns de mes amis qui, entre tous, connaissent toutes les langues du monde (il y a même un japonais, et, quand il écrit on dirait qu’il suspend de longues grappes de raisins au haut de sa page). Tous ces amis vont réécrire cette lettre dans la langue de chaque paysan étranger, et puis, on la leur fera parvenir, ne vous inquiétez pas. Pour ceux qui habitent des pays où l’on n’a pas la liberté de lire ce qu’on veut nous avons trouvé le moyen de leur donner l’occasion de cette liberté. Ils recevront la lettre et ils la liront ; peut-être en même temps que vous.

S’occuper individuellement des recherches de solution.

J’avais une troisième raison pour l’écrire. C’est la plus importante. Vous avez, comme tout le monde, votre bon et votre mauvais. Vous ne m’avez jamais montré que les beaux côtés de votre âme ; j’ai pour eux des yeux et des désirs qui les grossissent encore, car, nous étions ces temps-ci, entrés dans une époque où nous avions éperdument besoin de véritable héroïsme. Et non seulement vous seuls le contenez, mais vous l’exercez avec une telle aisance quotidienne qu’on est, à vous voir, repris de la tête aux pieds par le plus sain et le plus réconfortant courage. Je me suis nourri sans cesse du beau côté de votre âme comme à de vraies mamelles de louve. Mais vous avez aussi un mauvais côté. Les anges sont au ciel ; sur la terre il y a la terre. Les hommes n’assurent pas leur durée avec un simple battement d’ailes ; il leur faut brutalement se reproduire ; et continuer : comme un cœur qui se contracte mais qui, dans le petit temps d’arrêt, au fond du resserrement de son spasme, n’est jamais sûr de poursuivre. Autrement dit, nous sommes faibles, ou encore, et ce qui revient au même, la force que nous avons n’est pas celle que nous voulons. C’est ce qui nous donne un mauvais côté. Si je vous avais parlé, au lieu de vous écrire, dans la discussion, face à face, vous ne m’auriez toujours montré que votre bon côté ; à la fin vous auriez sans doute décidé dans mon sens, mais la décision n’aurait pas été entièrement sincère et elle n’aurait eu aucune valeur. Arrêtons-nous un instant ici. Regardons les temps actuels : tous les peuples du monde sont prisonniers de semblables décisions sans valeur. Pour vous, qui êtes le peuple universel au-dessus des peuples et qui, je crois, allez être chargés bientôt de tout reconstruire, vous vous devez de décider avec franchise. Le moyen que j’emploie ici est non seulement un moyen qui me permet de vous rencontrer seul à seul, mais encore et surtout de vous laisser réfléchir dans votre solitude. J’ai toujours constaté que c’est votre façon de résoudre avec pureté les plus graves problèmes. Vous êtes facilement séduits par les arts, mais, le plus éminent de tous: l’honnêteté à vivre, vous en êtes les maîtres, dès que vous êtes seuls en face de la vie. Au premier abord de ce que je vous écris, votre mauvais côté vous donnera d’immenses et magnifiques arguments contre. C’est bien ainsi. L’adversaire de ces mauvais arguments est en vous-même. S’il n’y était pas, vous n’existeriez pas; car vous êtes naturels ; vous avez tout le temps qu’il faut. Il ne s’agit pas de hâte. Ni vous ni moi n’avons la maladie moderne de la vitesse. Je ne sais pas qui a fait croire que les miracles éclataient comme la foudre ? C’est pourquoi nous n’en voyons jamais. Dès qu’on sait que les miracles s’accomplissent sous nos yeux, avec une extrême lenteur on en voit à tous les pas. Ce n’est pas à vous qu’il faut l’apprendre, qui semez le blé, puis le laissez le temps qu’il faut, et il germe, et il s’épaissit comme de l’or sur la terre. Il ne vous est jamais venu à l’idée de combiner les mathématiques et les chimies en une machine qui le fera pousser et mûrir brusquement en une heure. Vous savez que la terre serait contre. Vous avez tout le temps qu’il faut d’accumuler tous les bons arguments qui viendront de votre mauvais côté. N’en ayez pas honte ; au contraire, entassez-en le plus que vous pourrez. Donnez à votre mauvais côté une liberté totale., Vous êtes seul. Personne ne vous voit; que vousmême. Cette lettre est faite, précisément pour que vous soyez debout devant vos propres yeux. Quand vous aurez gagné sur vous-même, aucune puissance au monde ne sera capable de vous faire perdre.

Confusion sur le vrai sens de la richesse.

Ce qui me passionne le plus, c’est la richesse. Ce que j’ai toujours recherché avidement, c’est la richesse. Pour la richesse, je sacrifie tout. Il n’y a pas de désirs plus légitimes et plus naturels. Rien d’autre ne compte dans la vie. Nous ne sommes sur terre que pour devenir riches et ensuite pour être riches. Il faut faire tous ses efforts pour devenir riches le plus vite possible de façon à être riches le plus longtemps possible. C’est le seul but de la vie. Il n’y en a pas d’autre. Il ne peut pas y en avoir d’autre. Il faut tout soumettre aux nécessités organiques de la marche vers ce but ; quand on l’a atteint, il faut tout soumettre aux nécessités organiques d’y rester. Voyez-vous, moi qui suis pourtant l’adversaire acharné de la guerre et de la bataille, je vous dirai de vous battre jusqu’à la mort pour défendre votre richesse (car, dans la pauvreté ça n’est pas la peine de vivre) si précisément la richesse était une chose dont on put vous dépouiller quand vous l’avez acquise. Mais on ne le peut pas; quand vous êtes riches c’est pour toujours (votre seul adversaire c’est vous-même) et personne (sinon vous) ne peut vous faire redevenir pauvre. Et la meilleure défense de votre richesse c’est la paix, avec vous-même et avec les autres. Le sens de ces choses vous vient d’instinct avec votre opulence ; et la paix est facile. Elle ne coûte rien; au contraire, comme dans toutes les constructions logiques (autrement dit « naturelles ») elle devient une partie du système qui paie sa part, qui nourrit l’ensemble. On n’a pas besoin de l’entretenir; elle vous entretient. Ce qui vous trouble dans ce que je viens d’écrire, c’est que ça part bien et que ça finit mal. D’abord, vous êtes d’accord (tout en vous disant que, quand même, je place la richesse un peu trop haut; qu’on n’est pas si intéressé que ça ; que je suis encore plus intéressé que vous; que vous ne l’auriez pas cru) et après, vous vous demandez pourquoi vous ne pouvez plus me suivre, Vous vous dites que s’il y a quelque chose de faible et de fragile c’est précisément la richesse. Et que c’est vite fait au contraire. Puis vous arrivez à l’endroit où je parle de la paix, et là, il y a vraiment dans ce que je dis une déraison qui vous coupe de moi. Dans notre temps de juillet 1938 il n’est pas possible de croire que la défense de la richesse c’est la paix ; au contraire, il est bien évident que, qui veut défendre sa richesse doit se préparer à la guerre et on voit bien que tout le monde entier s’y prépare, soit qu’on ait l’intention de prendre la richesse des autres, soit, qu’étant les autres, on prépare à s’opposer. On lit bien sur les journaux le chiffre énorme de ce que l’État dépense pour entretenir une armée et on sait que ça se retrouve mot à mot dans la note que le percepteur vous envoie. En rapport avec sa propre bourse on retrouve l’énormité du chiffre. On ne peut pas dire que la paix ne coûte rien quand on va aligner, toutes les années sur la plaque cannelée du guichet, tant, qu’on tire de soi-même (et si on ne paye pas, l’huissier vous fait payer; et si on ne peut pas payer, il a le gendarme, et il vous prend n’importe quoi, ou tout: une vache, cent moutons, un cheval. Et c’est pour le soldat.) Et toutes les années ça augmente. La paix coûte très cher au contraire. À tout moment on peut lire aussi, et c’est toujours un peu incompréhensible (car c’est raconté avec des mots dont on n’a pas l’habitude – lesquels sont les plus naturels, ceux-là, ou ceux dont nous avons l’habitude ?) le récit de tous les efforts que font les hommes d’État, se battant les uns contre les autres pour leur paix. Et parfois à la TSF on entend le brouhaha de gens qui crient comme si on les écorchait, et on leur a donné une idée particulière de la paix, et on leur a fait croire que c’est vous qui les avez écorchés – vous qui n’avez jamais bougé de là où vous êtes et qui ne les connaissez même pas. C’est contre vous qu’ils crient; vous vous regardez les uns les autres, là, le soir en famille – tout le monde entend cette colère et ces menaces : les enfants, la femme qui s’est arrêtée de coudre – et vous avez une terrible envie de vous disculper, de crier que vous n’êtes pas coupables, que ce n’est pas vrai, que vous ne leur avez jamais rien fait (et puis soudain, merde à la fin, vous avez envie de leur casser la gueule) jusqu’à ce que la femme vous dise : « Allons, ferme, cherche un peu quelque chose de plus gai. » Mais ça ne s’oublie pas de tout ce soir-là, de toute la nuit, et le lendemain, dans les champs, vous avez toujours ce bruit dans les oreilles. C’est difficile de trouver quelque chose de gai. Le sens qui nous vient de plus en plus d’instinct, en 1938, où toutes les découvertes de la technique nous ont donné une radieuse opulence, c’est que la paix est difficile. Ah! même, c’est que la paix est impossible. Vous me l’avez fait dire ! Vous avez parlé tout à l’heure de construction logique, naturelle – et la paix nourrissait la richesse de l’homme – à voir ce qu’on voit, alors, vous pourriez dire que la construction de 1938 n’est pas naturelle, car la paix au contraire se nourrit entièrement de nous. À la fin, on aimerait mieux le malheur que cette attente quotidienne du malheur où l’on ne sait plus que faire. C’est que nous ne parlons pas des mêmes richesses..."

Jean GIONO - Lettre aux paysans sur la pauvreté et sur la paix

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