Le Trochiscanthe nodiflore [TN] n°273 - Mardi 28 juin 2011

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
explications sur le nom de cette lettre : [ici]
Si cette page ne s'affiche pas correctement, cliquez [ici]


Purcell -
Music for the Funeral of Queen Mary

Pour regarder et écouter,
cliquez sur la flèche au bas de l'image...

 



ou cliquez [ici]




Couple "atypique" de
Rougequeue noir

Courvières (Haut-Doubs)
avril - mai 2011

Sur le chaineau de la ferme...

Ce printemps, un couple de Rougequeue noir a décidé de nicher dans un chevron
vermoulu sous le toit de la ferme (juste au dessus de l'entrée de la véranda !).

Pour vous rassurez, il n'y a que deux chevrons qui sont dans cet état (sur une bonne vingtaine) : le toit tient encore !

Les allées et venues s'enchaînent pour nourrir la nichée
(me permettant de faire quelques images).

Avez-vous remarqué : ce ne sont que des femelles !

Après quelques interrogations : le mâle n'aurait que deux ans.
Il n'a donc pas encore son plumage d'adulte
(je ne peux pas le différencier de sa compagne !)

Sur le toit
On aperçoit le deuxième chevron où se trouve le nid (à droite de l'image).

Dans mon potager.
Les pommes de terre, qui viennent de sortir, auront le temps de geler la semaine suivante...

Contre-jour
<image recadrée>

Avec son ombre

Sur mon tas de bois (pour l'hiver 2013-2014 qui sera rude dit-on !)

RQN et TNT : unique usage de cette antenne : perchoir pour un Rougequeue noir mâle de deux ans...
(je n'ai toujours pas la TV...)



Petit texte :

"L'expédition des Relevés géologiques du Canada avait découvert un étrange spécimen dans la carrière de Raymond, juste au-dessus de la couche à phyllopodes. Whittington avait emporté ce gros fossile aux contours imprécis et pratiquement dépourvus de traits reconnaissables pour le ranger dans un tiroir – espérant, je suppose, le soustraire à ses préoccupations, selon le vieux dicton : « Loin des yeux, loin de l'esprit. » Mais il continua cependant à penser à ce fossile si particulier, beaucoup plus gros que ceux du Schiste de Burgess. « J'allais souvent ouvrir le tiroir et puis le refermais », m'expliqua Harry. Un jour, en 1981, il décida de pratiquer l'excavation du fossile, dans l'espoir que certains détails de son anatomie pourraient être aperçus. Il se mit à creuser dans l'une des extrémités de l'organisme et, à son grand étonnement, trouva un spécimen d'Anomalocaris apparemment attaché sur le corps du fossile. Harry rapporta sa découverte à Dereck Briggs, et celui-ci ne put tout simplement pas y croire. Il pensait que la pièce ainsi mise au jour était bien Anomalocaris, mais que, comme dans l'interprétation fait par Simon de la méduse Peytoia associée à l'éponge Laggania, ce spécimen de Anomalocaris avait été accidentellement rapproché d'une grande structure appartenant à quelque autre organisme, tandis que la coulée de boue se solidifiait.
Peu de temps après, Whittington et Briggs étudiaient une série de spécimens empruntés aux collections de Walcott. On apercevait, sur des morceaux de roche, des taches et des feuillets relativement dépourvus de toute structure repérable et qui n'avaient jamais beaucoup attiré l'attention jusque-là, dont le corps de
Laggania coiffé de Peytoia. Un jour mémorable – l'équivalent, en positif de cet autre moment clé de la révision de Burgess, près de dix ans auparavant, lorsque Whittington avait disséqué la tête et les flancs de Opabinia pour ne rien trouver -, ils pratiquèrent l'excavation d'un de ces spécimens, et trouvèrent à la fois l'« appendice F » et Peytoia, se présentant comme les organes d'un même et gros animal.
Sous le choc de la plus grande de toutes les surprises de Burgess, et continuant à trouver la même association de Peytoia et de l'« 
appendice F »sur d'autres spécimens, Harry et Derek réalisèrent que toute une série de problèmes trouvaient là leur solution, sous les traits d'une seule et même créature. Peytoia n'était pas une méduse, mais la bouche située sur la face ventrale à l'extrémité antérieure d'une grosse bête. L'« appendice F » n'était pas l'un des membres de toute une série d'appendices répétés chez un arthropode ; il s'agissait bien plutôt, chez ce nouvel animal, d'une paire d'« appendice F », constituant des organes de capture des proies, et située à l'avant de la bouche, à l'extrémité antérieure.
Mais le spécimen que Whittington avait rapporté de Burgess portait, dans sa position antérieure, la pièce qui avait été primitivement nommée Anomalocaris, et non pas l' « 
appendice F ». Lorsqu'il disséqua plus complètement ce spécimen, il trouva des traces à la fois de la bouche-Peytoia et d'un second Anomalocaris, formant une paire d'appendices préhenseurs située en même position que la paire d'« appendice F » figurant sur les spécimens de la collection de Washington.
Toutes les pièces du puzzle étaient finalement en place. Partant de quatre anomalies – un crustacé sans tête, un appendice préhenseur qui ne trouvait pas sa place, une méduse ayant un trou en son centre, et un feuillet écrasé ayant été balloté d'un embranchement à l'autre - , Whittington et Briggs avaient reconstruit deux espèces distinctes d'un seul et même genre,
Anomalocaris. Laggania correspondait à une partie du corps distordu et écrasé de ce type d'animal ; Peytoia était la bouche entourée d'un cercle de plaques dentées, et non pas une série de lobes munis de crochets ; la pièce nommée originellement Anomalacaris constituait une paire d'organes préhenseurs chez une espèce (Anomalocaris canadensis) ; et l'« appendice F », une paire d'organes préhenseurs chez une seconde espèce (Anomalocaris nathorsti, dénomination reprenant une partie de celle de Peytoia). Les règles intangibles de la nomenclature prescrivant de retenir la première et la plus ancienne dénomination requéraient d'appeler Anomalocaris la totalité du genre, afin de rendre justice à la publication de Whiteaves de 1892. Mais cette règle donnait ici un résultat des plus heureux, en imposant un nom bien approprié : c'était vraiment une « étrange crevette » !..."


Stephen Jay Gould – La vie est belle
(Les surprises de l'évolution)

Pour voir une reconstitution de cet animal
(qui vivait, il y a 500 millions d'années !, au Cambrien),

cliquez [ici]




Voir la liste des anciens numéros du"Trochiscanthe nodiflore" (les archives) : cliquez [ici]

Site internet : Rencontres sauvages

Me contacter : pascal@pascal-marguet.com

Calendrier 2011 : Pour le télécharger directement au format pdf (1200 ko), cliquez [ici]

 

Pour vous désinscrire, vous pouvez m'envoyer un e-mail (en répondant à ce message) avec pour objet "désinscription",

ou en cliquant

[ici]

Pour partager cette page sur "FaceBook", cliquez sur le bouton ci-dessous :



Rejoignez-moi sur "FaceBook" en cliquant sur le lien suivant :

[http://www.facebook.com/marguet.pascal]